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Le château et le lac des Epioux

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Patrimoine architectural à LACUISINE (FLORENVILLE)

Le château et le lac des Epioux

Le château et le lac des Epioux

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B-6821 LACUISINE (FLORENVILLE)


Le château des Epioux fut construit en 1650 pour les facteurs des forges. Il fut restauré en 1730 et Louis Zoude fit rehausser la tour en 1878.

Il connut un hôte célèbre en la personne du prince Pierre-Napoléon Bonaparte, fils de Lucien et neveu de l’empereur. Au cours d’une vie aventureuse, agitée, turbulente, courant le monde, il connut des années plus paisibles dans quelques havres luxembourgeois, dont le château des Epioux qu’il habita de 1862 à 1871, se livrant, entre autres, à la chasse et à la rédaction d’ouvrages qu’il imprimait ensuite lui-même. Le domaine des Epioux (1721 hectares) appartient aujourd’hui au Centre public d’aide sociale (CPAS) de Mons. Le CPAS a remplacé la Commission d’assistance publique née le 10 mars 1925 de la fusion des Hospices civils et du Bureau de bienfaisance, eux-mêmes créés en l’an V de la République. M. Victor Louis Auguste Dejardin (1830-1915) fermier à Harmignies a légué ce domaine aux Hospices civils de Mons par testament du 1er janvier 1898. Selon une légende caricaturale qui reste vivace dans la région de Florenville, M. Dejardin, paysan gauche et mal fagoté, quelque peu avare, aurait acheté les Epioux le 21 juin 1887 au prix de 15.617,29 francs. Il aurait payé comptant, étant porteur de pièces d’or. Certains ajoutent qu’il en avait jusque dans son parapluie (!); d’autres vont jusqu’à préciser que ce parapluie était troué!!! Le CPAS de Mons détient les brouillons de la correspondance de M. Dejardin de juillet 1887 à fin 1899. Le dépouillement de celle-ci permet de cerner la personnalité de cet homme attachant et de lui rendre justice. M. Dejardin était un homme cultivé. Il avait terminé ses humanités en 1850. C’était peu fréquent à l’époque, surtout dans les campagnes. Il s’intéressait à l’archéologie, aux antiquités; poète, il avait publié un recueil comprenant une partie de ses oeuvres. C’était aussi un homme d’affaires prudent et un fermier avisé. Il arriva à M. Dejardin de douter du bien-fondé de l’acquisition du domaine en raison des frais importants de reboisements. Ce doute s’accentua lors de la rupture de la digue du grand étang (1888) qui, libérant 500.000 m3 d’eau, lui occasionna des frais considérables de réfection et surtout des dédommagements importants qui lui furent réclamés tout au long de la Semois, en aval, jusqu’à Bouillon. Les usines des Epioux-Bas furent détruites. Après son décès, les Epioux ont été estimés, le 31 août 1915, à 29.747,22 francs . La taxe de succession, en 1921, porta sur 37.184, 03 francs. La valeur immobilière du domaine n’a cessé de croître. En attestent les revenus des coupes, des chasses et de la pêche qui ont rapporté, de 1945 à 1986, 7.204.908,49 francs. Les besoins croissants de bois et la raréfaction des espaces forestiers à l’échelle mondiale laissent prévoir une forte valorisation de ce produit à moyen et long terme.
(Source : Maison du Tourisme du Pays de la Semois entre Ardenne et Gaume).