



Les Forges de Mellier
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B-6860 MELLIER (LEGLISE)
1758.
C’est l’apogée durant un demi-siècle des forges de Mellier. Mais il ne faut pas oublier que les forges, ouvertes au siècle précédent, l’avaient été pour utiliser le bois mort de la forêt. Ce temps là est révolu. Il a fallu depuis lors abattre des arbres, modérément au début, puis de plus en plus abondamment. La forge de Mellier ne consommait-elle pas quelque 65000 stères de bois par an ? Cela faisait beaucoup d’hectares de forêts abattus tous les ans. Et l’activité sidérurgique de Mellier haut n’est pas la seule qui demande du bois à la forêt. Il y a Mellier bas, Rulles, les deux Habay, la population aussi pour ses constructions et son chauffage.
La forêt est devenue un désert.
Aux portes de ce petit monde, gronde maintenant la révolution française. Il ne fait pas bon d’être riche et noble, et encore moins, comme les Looz-Corswarem, de parler allemand. Mellier doit fermer sous la pression de l’embargo français des produits venus outre frontière. D’ailleurs, la concurrence du charbon de terre, ainsi que l’hégémonie des bassins de Liège et de Charleroi, sonneront, en 1805, le glas pour la forge de Mellier.
Toutes ces forges laisseront, derrière elles, des stigmates profonds dans le paysage forestier : méthode d’exploitation de type cueilleur, la forêt est exsangue. Elle n’est plus au 19ème siècle qu’un vague souvenir d’elle, cette forêt que nous admirons à l’aube du troisième millénaire. En 1854, le code forestier a été promulgué dans le but de restaurer les forêts, en particulier par l’introduction d’une espèce inconnue chez nous : l’épicéa !
